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Maxirace 2018 – Maxi 3eme place

La MaxiRace est pour moi une superbe épreuve du calendrier français. Tous les formats sont proposés et le niveau sur les différentes courses est toujours très compétitif.

C’est toujours un plaisir de venir ici que cela soit en course de prépa ou en objectif. Cela permet de réellement de se situer.

J’ai déjà couru 4 fois ici, deux fois la Marathon Race ( 22eme en 2012 et 5èmeen 2015) et deux fois la XL Race (2een 2014, 2een 2016) je connais vraiment bien le parcours et ses difficultés.

XL race 2016. Mollets bien affutés. Sebastien Chaigneau // Diego Pazos

En début d’année, je n’avais pas forcement prévu de venir, mais après un hiver studieux à l’entraiment il fallait que je me relance après l’épisode Ecotrail. J’ai donc voulu decourvir le format 85km de cette Maxirace.

La prépa.

Après l’Ecotrail, la motivation a été difficile à retrouver. L’hiver a été rude cette année et a laissé des traces.

C’est finalement le Marathon de Paris qui m’a remis le pied à l’étrier.

J’ai récupéré un dossard et un ami (Pierre) qui vise un sub 2h40 m’a demandé de courir avec lui. Je ne devais faire que 30km à ses côtés car j’avais vraiment été light niveau entrainement les semaines précédentes et puis finalement nous sommes allés au bout en 2h39. Un bel entrainement sous le soleil et une ambiance magnifique.

Marathon de Paris 2018. Pacer. 2h40.

Le moral est revenu et l’envie de s’entrainer avec. Les séances s’enchainent à nouveau, pas mal de vélo et des entrainements de qualité.

Le 29 avril, je prends part au Triathlon de Cannes avec la Team Polar. Une belle expérience mais surtout un bel effort de plus de 5h sans pression et sans me mettre dans le rouge. Un bon weekend sous le soleil de la côte d’azur.

Triathlon de Cannes avec la Team Polar

Le 6 mai, direction l’île de beauté pour le Trail Napoléon. 43km et 1700d+ au programme autour d’Ajaccio et les îles sanguinaires.

Une course bien relevée avec deux coureurs insulaires très fort au départ: Lambert Santelli (Top 10 templiers, Marathon du Mt Blanc) et Guillaume Peretti (Recordman GR20). Cette course sera une étape clé dans ma prépa pour la Maxirace, pour situer mon niveau mais aussi pour travailler physiquement 3 semaines avant la Maxirace.

Trail Napoleon 42k/1700d+ Avec Guillaume Peretti

La course est effectivement très compétitive et engagée. Aucun moment de répit sur un parcours exceptionnel et une orga au top. Je gagne finalement mais je me suis donné pour aller la chercher. De bon augure pour la suite, la forme est là. Je reste une semaine en Corse pour enchainer un dernier cycle d’entrainement, un peu de relâche une semaine avant la Maxirace et direction Annecy.

Comme toujours un coup d’œil sur la liste des favoris avant la course. Un beau plateau annoncé, 13 coureurs avec une côte Itra de plus de 800. Ce n’est pas le plateau des championnats du monde mais cela devrait bien batailler tout de même.

Liste des favoris Maxirace 2018

Vendredi 25 mai arrivée sur Annecy, dossard récupéré, petite balade sur le village de la course histoire de s’imprégner un peu de la douceur des environs, un petit coucou à Compressport un de mes partenaires présent sur le village et il est temps de se préparer pour la course.

Samedi 26 mai. 5.00. Départ de la Maxirace.

1ere partie montée du Semnoz. 18km 1200D+, on se retrouve rapidement à 6 dès les premières rampes.

La montée est assumée par Jordi Gamito. Un solide espagnol du Team Compressport avec un palmarès impressionnant notamment un TOP 10 magistral à l’UTMB 2017. On reste groupé derrière lui. Le rythme est bon mais je suis vraiment à l’aise. Je me résonne pour ne pas prendre les devants. Finalement les kilomètres s’enchainent assez vite et nous sortons de la foret pour aborder la dernière rampe et atteindre le sommet. Je prends cette fois les devants pour arriver au ravito sans être gêné.

Levé du soleil au Semnoz

Comme d’habitude le Semnoz au petit matin offre un point de vue exceptionnel, beaucoup de monde est présent pour encourager.

Je n’ai pas d’assistance à ce ravito mais finalement c’est mieux, je remplis mes flasks j’ajoute un stick de boisson Ergysport et c’est reparti. Je suis même plus rapide que les autres coureurs et repars avec une trentaine de secondes d’avance.

Dans la descente je temporise un peu, Jordi Gamito revient sur moi avec Germain Grangier. L’espagnol appuie l’allure et descend vraiment fort, nous restons prudents et à distance avec Germain.

 

Les kilomètres s’enchainent bien, je suis à l’aise et prends mon rythme. Je reviens  sur l’espagnol dans le col de la Cochette et le passe. Il revient sur moi dans la descente. Puis je le relâche une nouvelle fois.

Finalement j’arrive à Doussard avec 2/3 minutes d’avance. Nous sommes à mi course. Nous avons fait 42km et 2500D+. Je suis bien, pas entamé et un peu surpris de me retrouver en tête de la course à ce stade.  Mais c’est loin d’être joué. La deuxième partie de course est terrible, beaucoup plus alpine avec des pentes très raides un peu moins à mon avantage. Mais je suis motivé comme jamais et concentré sur ma course.

Ravito express avec mon assistance de choc (Merci les sœurs Aubriottes ;)), je prends mes bâtons et c’est parti direction le col de la Forclaz puis le Pas de l’Aulp. Je monte à un bon rythme mais sans forcer. Les jambes ne sont plus aussi fraiches que dans le Semnoz mais ca déroule bien quand même.

La montée vers le Roc de l’Encrenaz est un peu plus dure, je ne suis pas à l’aise lorsqu’il faut marcher. Je temporise un peu et aperçois Jordi et Germain. Ils sont toujours à quelques minutes mais ils m’ont en ligne de mire, leur pas est engagé et ils ne semblent pas décidés à me laisser trop d’avance.

A ce moment je sais que la victoire va se jouer dans le Mt Baron. J’attaque la descente à bonne allure sans me livrer complètement en gardant des forces pour la dernière partie. Je déroule bien, je rattrape même des relais qui m’avaient déposé dans la dernière ascension.

J’arrive à Menthon toujours en tête avec 2/3minutes d’avance.

Motivé comme jamais, mon assistance est toujours là, ravito express et c’est reparti.

Le Mont Baron sera le juge de paix.

Cette dernière ascension est terrible. Les pentes sont très raides, sous une chaleur étouffante. Je perds mètre par mètre sur le duo. Germain revient sur moi au bout de quelques kilomètres. Il est à l’aise son pas est léger, il s’envole vers la victoire. Il me dit que l’espagnol n’est pas au mieux. Mais je ne suis pas au top non plus. On emprunte un nouvel itinéraire pour rejoindre le col des contrebandiers. Ce chemin est très raide et technique…

Coup de chaud, fatigue, pas à l’aise dans cette partie…  Jordi me passe également quelques minutes plus tard. Je ne peux rien faire je suis comme impuissant à ce moment.

Je retrouve mon pote Pierre qui est la pour m’encourager avant le Mont Veyrier, ca me fait plaisir de le voir mais je ne peux accélérer.

J’attaque la descente finale tant bien que mal et passe la ligne finalement 3ème.

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Les sentiments se mêlent. Je suis vraiment content car j’ai fait une course pleine et je n’ai pas grand chose à regretter mais j’aurais quand même bien aimé accrocher cette course. Les 10 derniers kilomètres ont été laborieux, il m’a manqué du jus et surtout Germain a été très fort.

La journée a été belle, la bataille fut intense, j’ai pris beaucoup de plaisir à courir aux avant postes.

Cette course est vraiment exceptionnelle et très exigeante physiquement. Elle valide tout un travail de début de saison, alors un grand merci à mon coach, Chavavite et tous ceux qui me soutiennent au quotidien!


Un peu de récup avant d’attaquer le programme estival !

Cederberg Experience

Cederberg Experience. April 2017

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Cela fait maintenant  3 mois que nous sommes à Cape Town.

Nous apprécions vraiment notre vie locale.  Nous avons rencontré pas mal de monde, les locaux sont dynamiques vraiment fan de sport.

Il faut dire que la course à pied aide beaucoup à nous intégrer. Nous sommes inscrits dans un club local, grâce aux petits podiums que j’ai fait sur les courses du coin je commence à être intégrés aux groupes de bons coureurs locaux et participons régulièrement à certains community run notamment le Tuesday Trail.

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Stu across Cederberg

Stuart est une figure locale du trail running ici, c’est lui qui a créée ce groupe mais surtout c’est lui qui organise l’Ultra Trail de Cape Town depuis 3 ans.  Il m’a pris d’amitié et m’a proposé une invitation pour courir l’Ultra Trail du Drakensberg un 100km fin avril.

Nous sommes à 3 semaines de la course, je m’apprête justement à m’organiser un bon weekend choc sur les chemins autour de la ville.

Nous sommes jeudi soir et je reçois un whatsapp:

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En gros, Stuart me propose en dernière minute d’intégrer leur groupe de trois potes pour un weekend rando course dans la region du Cederberg…

J’ai déjà entendu parlé du Cederberg, mais je ne me suis pas penché sur la question.

Le Cederberg est une chaine de montagne à environ 280km de Cape Town, réserve naturelle protégée et inscrite au patrimoine mondiale de l’UNESCO depuis 2004. Le point culminant est le Sneeuberger haut de 2028m d’alititude. Cette reserve est réputée pour ses formations rocheuses exceptionnelles, ses peintures rupestres datant de l’age de pierre et ses Leopards…

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Il ne faut pas longtemps pour prendre ma décision, je reponds à Stu en lui disant que je serai de la partie. Je vais laisser Charlotte pour le weekend. Ca m’embête mais l’occasion est trop belle. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre. Nous serons en autonomie pendant 3 jours, pas de commerce dans le coin, nuit à la belle étoile au programme. Je prépare mes affaires, je fais quelques provisions, nouilles chinoises, barre de céréales et quelques fruits séchés.

Vendredi 7 avril 2.00 pm. Cape Town.

Début du weekend, je fais connaissance avec la Team je ne connais que Stu. On embarque dans son 4X4 direction le nord, via la fameuse N7, la route qui relie l’Afrique du Sud à la Namibie. Après 2h de route nous attaquons un chemin, direction Algeria. Ce village est un des points d’entrée de la réserve. Il faut y acheter un permis de randonnée et s’enregistrer au registre avant de continuer.30 minutes de 4×4 suplémentaires , nous nous enfoncont dans la reserverse et sommes cerné par les montagnes. Nous arrivons dans un espèce de pré ou 4 caravanes sont installées.

Nous allons dormir là pour la nuit. Ce sera notre base camp

La caravane doit avoir 40 ans elle est vraiment, comment dire… Rustique ! Evidement pas d’eau courant, pas d’électricité.

Briefing pour le lendemain, on allume un feu pour faire cuire de la viande et on se couche devant la caravane, à la belle étoile.

Samedi 8 avril 6.OO am

Rapide breakfast et nous sommes partis.

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The Crew // Cederbergies

L’objectif du jour est de dormir dans un refuge au milieu de la réserve situé à une trentaine de kilomètres environ.

Le paysage est exceptionnel. Je ne connais rien de similaire, c’est à la fois lunaire, et calme mais c’est aussi bouleversant.

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Airbnb in Cederberg

Je me sens tout petit et chanceux de pouvoir être ici à cet instant.

On observe des oréotrague et des péléas (Reebok) qui sont des antilopes d’Afrique du sud. Elles se déplacent en groupe comme des bouquetins que l’on a l’habitude de rencontrer dans les Alpes.

Elles nous suivent l’espace d’un instant puis reprennent leur chemin…

Nous avançons dans un décor brut parfois lunaire. Les sentiers sinueux semblent sans fin et se perdent dans des paysages complètement fous.

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Plus que jamais la nature est reine ici.

Nous finissons la journée avec 32km et 1300m de D+, nous sommes parti depuis 9h lorsque que nous arrivons au refuge. Il s’agit en fait d’une cabane en pierre avec de la paille étalée sur le sol. Evidement nous sommes seul nous n’avons croisé personne de la journée.

Nous posons nos affaires et prenons nos marques. Je n’ai pas de matelas, je dormirai donc dans mon duvet à même la paille.

Je vais chercher de l’eau dans le ruisseau pour faire cuire notre repas. Pour moi ce sera chicken noodles…

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Room for a night

Evidement pas de douche, pas d’électricité, juste un petit réchaud à gaz emmené par Stu

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Sunset view

Après ce diner 5 étoiles nous grimpons sur la colline au dessus du refuge pour contempler le coucher du soleil. Un moment unique, d’une beauté sans pareil, dans silence envoutant.

https://www.strava.com/activities/936247193

Dimanche 9 avril 6.00 am

Deuxième journée et retour vers le point de depart. Nous prenons un itinéraire différent, les paysages sont toujours aussi spectaculaires.

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And the sun rises…

Après une première montée de 350m de D+ nous attaquons une descente majestueuse de presque 1000 de D-, le bonheur absolu chacun se laisse aller à son allure. Une fois en bas un incroyable sentiment de liberté se sentait sur le visage de chacun, aucun mot juste des sourire qui en disait long sur ce que l’on venait de descendre.

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Petite baignade dans le ruisseau que traversait cette vallée puis une remontée de 800 mètres de D+ nous attend.

Ici commence le calvaire. Nous avançons sur un sentier mais il ne semble plus emprunté. La végétation devient de plus en plus dense au point de ne plus pouvoir avancer

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Nous sommes comme dans une sorte de maquis qui me dechirent les jambes et les bras à chaque pas.

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Malgré la chaleur j’enfile mon cuissard long et ma veste.

Finalement au bout de 5km en 2h nous sortons de la végétation et arrivons au pied de la montée. Il n’y a plus de chemin, il n’y a plus de maquis il faut monter tout droit dans la montagne en plein soleil. L’ascension est difficile, parfois dangereuse, chacun monte à son rythme je mets 1h20 pour monter, les derniers mettrons presque 2h30.  J’ai eu le temps de me faire une petite sieste et de contempler les aigles de Verreaux voler autour de nous.

Tous en haut, nous prenons un petit ravito salvateur. Les 4 dernières heures ont été très éprouvantes.

Les gars me disent de partir finir la sortie sans eux, ils ont vu que j’avais des fourmis dans les jambes.

Une deuxième journée commence pour moi, nous avons fait 20km et je pars en trottinant sur les chemins du Cederberg. C’est un moment magique pour moi.

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Je me repère à la carte arrive finalement à la caravane après 40km.

La journée a été  magnifique. J’ai le temps de retrouver des affaires propres, me laver dans la rivière et me reposer un peu avant l’arrivée des autres.

Le weekend a été énorme, je me sens incroyablement privilégié d’avoir pu découvrir cet endroit guidé par mes potes sud af. Un moment vraiment intense.

C’était magique de vivre ça avec eux…

Un bon burger sur la route et retour à Cape Town pour retrouver Charlotte et lui raconter mes aventures…

Le TREG, récit d’une aventure extraordinaire

L’Afrique cela vous touche en plein cœur, lorsque vous avez connu cette atmosphère, ces rencontres, ces paysages vous ne rêvez que d’une seule chose, y retourner…

Après deux tours du Burkina Faso en vélo en 2005 et 2007, je n’y ai pas échappé. L’envie était forte de revenir gambader en Afrique Subsaharienne.

Depuis j’ai changé de discipline, le Trailrunning est devenu une formidable passion. Cette discipline qui nous permet d’explorer le monde chaussures aux pieds…

Justement en janvier 2014, un sacré personnage, Jean Philippe Allaire, lance la première édition du Treg. Un Trail au Tchad en plein milieu du désert de l’Ennedi. La curiosité m’amène à m’intéresser à cette course.

Pourquoi le Tchad ? Un pays qui a connu quelques années de guerre civile… Pourquoi la région de l’Ennedi est-elle classée au Patrimoine mondiale de l’UNESCO ?

Je suis de près cette première édition. J’y vois une poignée de 20 pionniers qui ont su se faire convaincre par Jean Philippe pour affronter 180km kilomètres en autonomie alimentaire, guidage par GPS dans le désert, environnement hostile et dans un confort plutôt sommaire.

Je n’y vois pas une course, j’y vois une aventure hors du temps loin des sentiers battus et un incroyable prétexte pour retourner en Afrique.

Depuis l’idée me trotte dans la tête, mais les 180km me font très peur. Je ne sais pas si je suis capable de réaliser une telle distance. Mon expérience sur le long s’arrêtant à la CCC (100km/ 6000D+) et je n’ai couru qu’une seule fois dans le Désert à l’occasion du DUST, une course de 3x30km à Dahkla dans le sud du Maroc. Certes j’avais adoré courir cette course et les sensations procurées mais ce n’était « que » 90km en 3 jours !

Je croise souvent Jean Philippe sur les événements sportifs, il sent que cette course m’attire. Son discours, ses arguments, ses photos, ses vidéos finissent par me convaincre. Je sais que je ferai cette course un jour.

Fin 2016, il me propose de participer à l’édition 2017. Ma décision n’est pas très difficile à prendre je serai au Tchad en février 2017, j’embarque Charlotte avec moi l’aventure se doit d’être partagée !

Le chamboulement 2017

En 2016 nous décidons Charlotte et moi de quitter notre vie parisienne pour faire un break et partir en Afrique du sud. L’objectif est de faire une formation d’anglais et découvrir une nouvelle culture. Nous quittons Paris le 1er janvier. Le départ vers le Tchad se fera au départ d’Afrique du sud et la prépa pour le Treg se fera donc autour de Cape Town.

Entrainement à Cape Town // Janvier 2017

Cape Town à Ndjamena 10 février 2017

Le voyage est long les vols inter-Afrique ne sont pas des plus simples. Après un stop à Johannesburg et un stop de 4h à Addis Abeba nous arrivons au Tchad après 16h de voyage. Nous retrouvons sur place l’organisation et tous les participants. Après plus d’un mois loin de la France c’est un plaisir de retrouver des visages familiers.

 

Ndjamena à Fada 13 février 2017

La bonne surprise de cette édition 2017 ! Le gouvernement Tchadien a mis à disposition un pont aérien pour l’organisation de la course. Nous allons donc éviter 10h de 4X4 dans les dunes et voler dans un avion de l’armée.

Le vol est épique, nous avons nous-même installé nos bagages à l’arrière de l’appareil, nous nous sommes installés sur des sièges en filet tels des parachutistes de l’armée. Les sourires sont là, parfois détendus souvent crispés, tout le monde a conscience que ce voyage est hors du commun.

On remet dans le contexte : Vol interne au Tchad au milieu du désert, dans un avion de l’armée… Pincez moi c’est bien réel ?

Nous atterrissons à Fada sur une « piste » en sable, prenons des 4×4 pour 2 heures de piste direction l’Ennedi puis arrivons finalement au village.

Ce village a été créé spécialement pour l’organisation de la course par les femmes des villages aux environs. Le décor est pittoresque, le paysage est magnifique nous sommes au pied d’une falaise de 30 mètres de haut au milieu de plaine désertique. La scène est incroyable, nous sommes dans un décor de cinéma, au milieu du far west. Un mélange de Colorado, Grand Canyon et Sahara…

Nous prenons nos marques et nous installons dans notre case. Nous la partageons avec Momo, toujours le sourire aux lèvres et Guillaume Le Normand qui a gagné la dernière édition. Je lui pose pas mal de questions et tente de m’imprégner au maximum de son expérience.

14 février 2017

La nuit dans notre case sur une paillasse a été plutôt bonne. La journée est consacrée au contrôle du matériel et à l’apprentissage du guidage par GPS. Une petite balade de 5km est organisée pour apprivoiser le guidage. Tous les voyants sont au vert. J’appréhende de faire 180km mais j’essaie de ne pas y penser.

15 février 2017. La Course

J’ai bien dormi, je suis ravi de prendre le départ.

Coté matos, j’ai opté pour le sac Instinct 7L, il est vraiment blindé entre les 6000 Kcal à emporter et le matériel obligatoire. C’est risqué, les coutures sont tendues mais l’ergonomie de ce sac est vraiment top alors je tente. Je pars avec une paire de Fullsocks des chaussettes de compression Compressport et des Chaussures plutôt typées route des New Balance 1080

Je suis un peu à l’arrache niveau timing, j’ai pas vu le temps passé. J’arrive sur la ligne de départ en dernier 1 minute avant le start !

Je fais quelques mètres avec Charlotte qui part pour 90km puis rejoins les coureurs de tête emmenés par Valentin Betoutji, très bon coureur Tchadien (31’ au 10km, 1h06 au semi) qui est aligné sur le 45km.

Départ à CP1 26km

La course est lancée. Je décompose ma course par portion. Mon but n’est pas de faire 180km. Mon but est d’arriver au prochain CP dans un état correct.

Cette première portion est très escarpée et incroyablement belle. Nous passons dans des canyons et empruntons des labyrinthes. Nous sommes 4 en tête 2 coureurs Tchadiens (qui courent le 45km), Guillaume et moi. Chacun notre tour nous prenons la tête. Les tchadiens sont souvent devant mais commettent beaucoup d’erreur de navigation.

Je me retrouve finalement devant et arrive avec quelques secondes d’avance au premier CP.

26km – 2h30 de course

Petite pause. L’équipe médicale me pose du sparadrap sur le dos. J’ai quelques frottements qui apparaissent, la faute à mon sac un peu (trop) chargé. Mais tout va bien. Ravito express.  5 minutes de pause et s’est reparti.

 

CP1 à CP2 17km

Je repars avec Guillaume. Nous traversons de grandes plaines avec du fort vent. Parfois nos routes se séparent chacun prend son cap. Nous nous retrouvons quelques kilomètres après. Je sens que j’ai des frottements au niveau des pieds et quelques ampoules apparaissent. Mais j’avance avec Guillaume. Km 35 je commence à sentir la chaleur. Guillaume imprime un bon tempo. Je le laisse filer. Il s’éloigne progressivement dans des paysages de savane puis disparaît totalement. Finalement je le retrouve au CP 2. Il repart, au moment où j’arrive.

CP2 43km

Je sens que mes pieds ont chauffé. Des ampoules sont bien là. Je prends le temps de me les faire soigner par l’équipe médicale. 15 minutes de pause et c’est reparti.

(Je dois faire un aparté sur mon choix chaussures, en décembre j’étais focusé sur mon départ en Afrique du sud. Le Treg était loin pour moi. Une semaine avant le départ j’ai opté pour une paire de chaussure. Une paire destinée à la route le modèle New Balance 1080 suite à mon expérience au Maroc où une paire de route m’avait largement convenue. J’ai fait coudre des « Scratch » pour y fixer des guêtres à Paris 2 jours avant de partir. Les coutures ont rétrécies la chaussure et des plis sont apparus sur le devant. Je m’en suis aperçu une fois à Cape Town, je ne pouvais pas changer de chaussures. J’ai également fait une erreur, car le Treg ne se court pas que sur du sable. La variété des terrains est incroyable, le parcours emprunte des chemins très pierreux et abrasifs. Mes 1080 V2 étaient très confortables mais pas adaptées à ce genre de terrains sur aussi long. J’aurais du opter pour une paire de Trail. Les Leadville 1210 auraient été parfaites. J’ai fait une erreur sur ce coup là.)

CP2 à CP3  15km

Ce stop m’a fait du bien. Je repars à bon rythme, je retrouve de bonnes sensations. On alterne des grandes plaines et des grandes montées de dunes. Je croise quelques animaux, quelques Dromadaires égarés. Je prends beaucoup de plaisir à courir je ne sens plus trop la chaleur les kilomètres défilent rapidement. Après une longue descente nous nous retrouvons dans une vallée. J’aperçois Guillaume au loin. Il alterne marche course je reviens sur lui rapidement au moment où nous atteignons le CP3.

CP3 58km

Au CP je suis bien, je prends le temps de me ravitailler et de remplir mes flasques puis repars tranquillement avec Guillaume.

CP3 à CP4 13km

Après le CP3  nous entrons dans un canyon, des blocs de roche immenses s’imposent devant nous. Il n’est pas évident de trouver la bonne trace au GPS, il y a plusieurs possibilités de voies différentes et le paysage laisse rêveur, j’essaie de ne pas avoir le nez que sur ma montre pour profiter du paysage.

Nous sommes toujours à deux et je prends les devants, les sensations sont bonnes.

Guillaume perd quelques mètres et prend une voie différente. Je ne le sais pas mais je ne le reverrai plus. Je ferai les 120 « derniers » kilomètres seul.

Je passe le labyrinthe sans me perdre me retrouve dans une nouvelle vallée, puis face à moi un dune énorme de 100 ou 200 mètres de dénivelé à monter. Je doute mais la voie est bonne. Je monte tranquillement, je sens que le soleil commence à descendre. Les couleurs changent, les ombres apparaissent sur les dunes.

J’arrive au sommet, un point de vue incroyable sur des kilomètres de plaines bordées de roche verticale. C’est beau, très beau…

Le soleil se couche. Je prendrais bien une bière et quelques chips pour admirer tout ca mais il faut continuer… Continuer dans une incroyable descente, dans un sable vierge et mou. Je descends vite, je glisse, je m’enfonce, je rebondis,… Plaisir incroyable.

En bas je continue sur ma lancée, je suis bien, très bien même, j’ai fait 70km mais je cours à une bonne allure. Je traverse des villages, je croise des enfants, la lumière est incroyable. Je suis heureux d’être là.

J’arrive au CP4 sourire aux lèvres.

CP4 71km

Le stop ne sera pas long, je veux repartir vite, continuer sur une bonne lancée et faire le maximum de kilomètres avant la nuit.

CP 4 à CP5 25km

Je repars du CP4 et passe l’arche d’Aloba. La scène est incroyable, j’ai la chance qu’il fasse encore jour. C’est la deuxième plus grande arche naturelle du monde. Je me sens tout petit. Petite photo et c’est reparti !

Je me retrouve dans une plaine. L’horizon à perte de vue. Je sais qu’à partir de maintenant les choses sérieuses commencent. La distance entre les CP augmente considérablement.

Le GPS m’indique tout droit pendant 15km. Je cours, toujours à bonne allure. La lumière faiblit petit à petit mais je retarde le moment de mettre ma frontale et profite des dernières lueurs du jour.

La nuit est maintenant tombée et j’ai passé cette plaine sablonneuse. Il fait nuit noire et le terrain est de nouveau escarpé avec de nombreuses pierres et cailloux abrasifs. Mes douleurs aux pieds se réveillent et la fatigue se fait vraiment sentir.

J’arrive au CP5 avec soulagement, il est 22h j’ai fait 97km en 13h.

Je demande où en est Guillaume. Il est apparemment à 10km. Je vais pouvoir prendre une bonne pause et me faire à manger. Au programme pâtes à la carbonara Lyophilisées. On me donne des nouvelles de Charlotte. Il ne lui reste que 17km. Je suis content je sais qu’elle va finir.

Après mon dîner 5 étoiles, une petite sieste au coin du feu histoire de me requinquer. Les bénévoles aux CP sont aux petits soins et me programment le réveil ½ heure plus tard.

CP5 à CP 6 23km

23km à parcourir, surement la partie de la course la plus dure mentalement. Entre 23h et 2h30 du matin après avoir couru 100km. La nuit est très sombre, je ne vois pas plus loin que ma frontale. Je regarde ma montre toutes les 10 secondes pour ne pas me perdre. Je divague parfois, souvent même mais je cours sans m’arrêter et tente d’avancer coûte que coûte. Mes pieds me font souffrir, j’ai mal au ventre mais il faut avancer et ne pas lâcher.

CP6 120km

J’arrive au CP6 et je ne suis pas au top. Je suis fatigué. Je tente de dormir rapidement mais il fait très froid. Un vent glacial parcourt le campement. Je m’allonge au coin du feu. Je grelotte et tente de dormir. Je suis incapable de dire si j’ai dormi ou pas. Ce moment-là est très difficile j’ai fait 120km il est 3h du matin il fait 5°c. Pardonnez mon manque d’amabilité sur ce CP 😉

Au bout d’une heure, machinalement je me lève, m’habille et repars. Il serait tellement facile de rester là…

CP 6 à CP 7 28km

Je me réchauffe en quelques minutes mais les sensations sont les mêmes qu’avant le CP. La fatigue et lassitude de la nuit m’envahissent, 28km seul m’attendent après avoir déjà réalisé 120km.

Vers 4h30 du matin, mes yeux se ferment tout seuls, il est dur d’avancer, très dur. Une chape de plomb me tombe sur la tête. Je n’ai qu’une envie… dormir…

Puis le ciel commence à s’éclaircir, les premiers rayons du soleil m’effleurent le visage, je retrouve des paysages magiques et aperçois des groupes d’animaux courir devant moi au petit matin. L’instant est magique.

En quelques minutes je retrouve de l’énergie et de la chaleur… C’est reparti pour une nouvelle journée je me sens revivre et recours à bonne allure.

Le corps est magique.

J’arrive au CP 7, 150km cela fait plus de 24h que je cours, je suis plutôt bien et toujours content d’être là. Mes pieds c’est une autre histoire… Je décide de me les faire soigner.

Je prends également des nouvelles de Guillaume. On me dit qu’il devrait arriver « incessamment sous peu », je déteste cette réponse. J’active les soins du coup. Je me sens de repartir rapidement.

CP7 -> CP8 16km Death Valley // Les plaines de la mort

Le soleil commence à taper fort, très fort. La veille le vent était présent et nous n’avions pas cette sensation de chaleur. Cette fois c’est différent, il fait très chaud.

Le parcours traverse de grandes plaines désertiques parsemées de somptueux acacias et bordées de grandes roches verticales. C’est toujours aussi beau mais l’ombre est inexistante, je cuis littéralement. Mon allure se réduit considérablement. Je n’ai qu’une envie atteindre ce putain de CP !

J’arrive au CP10 en état de décomposition avancée. Je suis rincé, vidé, j’ai fait 164km j’en peux plus. Le camp est à l’ombre. En 10 secondes je passe de l’état de chaleur extrême à des tremblements de froid. Je mets ma veste alors qu’il fait plus de 30°c.

Je prends quelques minutes de repos mais je ne m’attarde pas, je veux en finir.

CP10 à Arrivée 17km Le supplice

Pour la première fois depuis le départ je repars du CP en marchant. Il me faut au moins 15 minutes pour réussir à courir à nouveau. Tout mon corps n’est que souffrance, chaque pas posé sur le sol est synonyme de douleur, mais je me force à courir.

Le soleil est toujours là, la chaleur toujours omniprésente. Les kilomètres défilent très lentement. Je vois un 4×4 approcher à l’horizon, Charlotte vient me retrouver et me soutenir. J’en ai besoin à ce moment. Elle a finit sa course tranquillement, je suis fière d’elle. Cela me fait du bien de la voir. Mais il me reste 11km, sans doute les plus long de ma vie.

Finalement la ligne d’arrivée se rapproche, j’aperçois l’arche. Des Tchadiens, Charlotte viennent m’aider à faire le dernier kilomètre. Tout le monde est là pour m’accueillir. Le bonheur d’en finir.

J’en ai vraiment bavé pour rallier l’arrivée, je lâche quelques larmes de joie ou de soulagement je ne sais pas trop…

J’ai mis 30 heures pour réaliser ses 180km hors du commun.

Une belle aventure intérieure où tu te retrouves face à toi-même, seul dans le désert. La seule issue est d’avancer, peu importe les éléments extérieurs.

Une incroyable aventure partagée avec tous les participants, les Tchadiens, l’organisation, les bénévoles, l’équipe médicale… Une formidable ambiance sur le village pendant une semaine et un profond respect entre les tous les acteurs du Treg.

Des sentiments de respect, de fierté et d’humilité se lisaient sur tous les visages du camp après la course. Peu importe que tu sois premier ou dernier. Ici dans l’Ennedi cela n’a finalement que peu d’importance. Venir au Tchad était le défi le plus important. Le reste n’était que plaisir, découverte, échange, partage et dépassement.

Pour finir, je pense à Jean Philippe, je l’ai tant de fois détesté et tant de fois aimé pendant la course. Il m’a emmené là où je n’aurai sans doute jamais été, il m’a poussé loin dans mes limites et mes pensées, il m’a fait découvrir un magnifique pays et ses habitants, il m’a fait vivre une aventure exceptionnelle. Je le remercie infiniment pour tous ces moments gravés à jamais.

Merci à tous.

A bientôt le Treg !