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Maxirace 2018 – Maxi 3eme place

La MaxiRace est pour moi une superbe épreuve du calendrier français. Tous les formats sont proposés et le niveau sur les différentes courses est toujours très compétitif.

C’est toujours un plaisir de venir ici que cela soit en course de prépa ou en objectif. Cela permet de réellement de se situer.

J’ai déjà couru 4 fois ici, deux fois la Marathon Race ( 22eme en 2012 et 5èmeen 2015) et deux fois la XL Race (2een 2014, 2een 2016) je connais vraiment bien le parcours et ses difficultés.

XL race 2016. Mollets bien affutés. Sebastien Chaigneau // Diego Pazos

En début d’année, je n’avais pas forcement prévu de venir, mais après un hiver studieux à l’entraiment il fallait que je me relance après l’épisode Ecotrail. J’ai donc voulu decourvir le format 85km de cette Maxirace.

La prépa.

Après l’Ecotrail, la motivation a été difficile à retrouver. L’hiver a été rude cette année et a laissé des traces.

C’est finalement le Marathon de Paris qui m’a remis le pied à l’étrier.

J’ai récupéré un dossard et un ami (Pierre) qui vise un sub 2h40 m’a demandé de courir avec lui. Je ne devais faire que 30km à ses côtés car j’avais vraiment été light niveau entrainement les semaines précédentes et puis finalement nous sommes allés au bout en 2h39. Un bel entrainement sous le soleil et une ambiance magnifique.

Marathon de Paris 2018. Pacer. 2h40.

Le moral est revenu et l’envie de s’entrainer avec. Les séances s’enchainent à nouveau, pas mal de vélo et des entrainements de qualité.

Le 29 avril, je prends part au Triathlon de Cannes avec la Team Polar. Une belle expérience mais surtout un bel effort de plus de 5h sans pression et sans me mettre dans le rouge. Un bon weekend sous le soleil de la côte d’azur.

Triathlon de Cannes avec la Team Polar

Le 6 mai, direction l’île de beauté pour le Trail Napoléon. 43km et 1700d+ au programme autour d’Ajaccio et les îles sanguinaires.

Une course bien relevée avec deux coureurs insulaires très fort au départ: Lambert Santelli (Top 10 templiers, Marathon du Mt Blanc) et Guillaume Peretti (Recordman GR20). Cette course sera une étape clé dans ma prépa pour la Maxirace, pour situer mon niveau mais aussi pour travailler physiquement 3 semaines avant la Maxirace.

Trail Napoleon 42k/1700d+ Avec Guillaume Peretti

La course est effectivement très compétitive et engagée. Aucun moment de répit sur un parcours exceptionnel et une orga au top. Je gagne finalement mais je me suis donné pour aller la chercher. De bon augure pour la suite, la forme est là. Je reste une semaine en Corse pour enchainer un dernier cycle d’entrainement, un peu de relâche une semaine avant la Maxirace et direction Annecy.

Comme toujours un coup d’œil sur la liste des favoris avant la course. Un beau plateau annoncé, 13 coureurs avec une côte Itra de plus de 800. Ce n’est pas le plateau des championnats du monde mais cela devrait bien batailler tout de même.

Liste des favoris Maxirace 2018

Vendredi 25 mai arrivée sur Annecy, dossard récupéré, petite balade sur le village de la course histoire de s’imprégner un peu de la douceur des environs, un petit coucou à Compressport un de mes partenaires présent sur le village et il est temps de se préparer pour la course.

Samedi 26 mai. 5.00. Départ de la Maxirace.

1ere partie montée du Semnoz. 18km 1200D+, on se retrouve rapidement à 6 dès les premières rampes.

La montée est assumée par Jordi Gamito. Un solide espagnol du Team Compressport avec un palmarès impressionnant notamment un TOP 10 magistral à l’UTMB 2017. On reste groupé derrière lui. Le rythme est bon mais je suis vraiment à l’aise. Je me résonne pour ne pas prendre les devants. Finalement les kilomètres s’enchainent assez vite et nous sortons de la foret pour aborder la dernière rampe et atteindre le sommet. Je prends cette fois les devants pour arriver au ravito sans être gêné.

Levé du soleil au Semnoz

Comme d’habitude le Semnoz au petit matin offre un point de vue exceptionnel, beaucoup de monde est présent pour encourager.

Je n’ai pas d’assistance à ce ravito mais finalement c’est mieux, je remplis mes flasks j’ajoute un stick de boisson Ergysport et c’est reparti. Je suis même plus rapide que les autres coureurs et repars avec une trentaine de secondes d’avance.

Dans la descente je temporise un peu, Jordi Gamito revient sur moi avec Germain Grangier. L’espagnol appuie l’allure et descend vraiment fort, nous restons prudents et à distance avec Germain.

 

Les kilomètres s’enchainent bien, je suis à l’aise et prends mon rythme. Je reviens  sur l’espagnol dans le col de la Cochette et le passe. Il revient sur moi dans la descente. Puis je le relâche une nouvelle fois.

Finalement j’arrive à Doussard avec 2/3 minutes d’avance. Nous sommes à mi course. Nous avons fait 42km et 2500D+. Je suis bien, pas entamé et un peu surpris de me retrouver en tête de la course à ce stade.  Mais c’est loin d’être joué. La deuxième partie de course est terrible, beaucoup plus alpine avec des pentes très raides un peu moins à mon avantage. Mais je suis motivé comme jamais et concentré sur ma course.

Ravito express avec mon assistance de choc (Merci les sœurs Aubriottes ;)), je prends mes bâtons et c’est parti direction le col de la Forclaz puis le Pas de l’Aulp. Je monte à un bon rythme mais sans forcer. Les jambes ne sont plus aussi fraiches que dans le Semnoz mais ca déroule bien quand même.

La montée vers le Roc de l’Encrenaz est un peu plus dure, je ne suis pas à l’aise lorsqu’il faut marcher. Je temporise un peu et aperçois Jordi et Germain. Ils sont toujours à quelques minutes mais ils m’ont en ligne de mire, leur pas est engagé et ils ne semblent pas décidés à me laisser trop d’avance.

A ce moment je sais que la victoire va se jouer dans le Mt Baron. J’attaque la descente à bonne allure sans me livrer complètement en gardant des forces pour la dernière partie. Je déroule bien, je rattrape même des relais qui m’avaient déposé dans la dernière ascension.

J’arrive à Menthon toujours en tête avec 2/3minutes d’avance.

Motivé comme jamais, mon assistance est toujours là, ravito express et c’est reparti.

Le Mont Baron sera le juge de paix.

Cette dernière ascension est terrible. Les pentes sont très raides, sous une chaleur étouffante. Je perds mètre par mètre sur le duo. Germain revient sur moi au bout de quelques kilomètres. Il est à l’aise son pas est léger, il s’envole vers la victoire. Il me dit que l’espagnol n’est pas au mieux. Mais je ne suis pas au top non plus. On emprunte un nouvel itinéraire pour rejoindre le col des contrebandiers. Ce chemin est très raide et technique…

Coup de chaud, fatigue, pas à l’aise dans cette partie…  Jordi me passe également quelques minutes plus tard. Je ne peux rien faire je suis comme impuissant à ce moment.

Je retrouve mon pote Pierre qui est la pour m’encourager avant le Mont Veyrier, ca me fait plaisir de le voir mais je ne peux accélérer.

J’attaque la descente finale tant bien que mal et passe la ligne finalement 3ème.

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Les sentiments se mêlent. Je suis vraiment content car j’ai fait une course pleine et je n’ai pas grand chose à regretter mais j’aurais quand même bien aimé accrocher cette course. Les 10 derniers kilomètres ont été laborieux, il m’a manqué du jus et surtout Germain a été très fort.

La journée a été belle, la bataille fut intense, j’ai pris beaucoup de plaisir à courir aux avant postes.

Cette course est vraiment exceptionnelle et très exigeante physiquement. Elle valide tout un travail de début de saison, alors un grand merci à mon coach, Chavavite et tous ceux qui me soutiennent au quotidien!


Un peu de récup avant d’attaquer le programme estival !

Le TREG, récit d’une aventure extraordinaire

L’Afrique cela vous touche en plein cœur, lorsque vous avez connu cette atmosphère, ces rencontres, ces paysages vous ne rêvez que d’une seule chose, y retourner…

Après deux tours du Burkina Faso en vélo en 2005 et 2007, je n’y ai pas échappé. L’envie était forte de revenir gambader en Afrique Subsaharienne.

Depuis j’ai changé de discipline, le Trailrunning est devenu une formidable passion. Cette discipline qui nous permet d’explorer le monde chaussures aux pieds…

Justement en janvier 2014, un sacré personnage, Jean Philippe Allaire, lance la première édition du Treg. Un Trail au Tchad en plein milieu du désert de l’Ennedi. La curiosité m’amène à m’intéresser à cette course.

Pourquoi le Tchad ? Un pays qui a connu quelques années de guerre civile… Pourquoi la région de l’Ennedi est-elle classée au Patrimoine mondiale de l’UNESCO ?

Je suis de près cette première édition. J’y vois une poignée de 20 pionniers qui ont su se faire convaincre par Jean Philippe pour affronter 180km kilomètres en autonomie alimentaire, guidage par GPS dans le désert, environnement hostile et dans un confort plutôt sommaire.

Je n’y vois pas une course, j’y vois une aventure hors du temps loin des sentiers battus et un incroyable prétexte pour retourner en Afrique.

Depuis l’idée me trotte dans la tête, mais les 180km me font très peur. Je ne sais pas si je suis capable de réaliser une telle distance. Mon expérience sur le long s’arrêtant à la CCC (100km/ 6000D+) et je n’ai couru qu’une seule fois dans le Désert à l’occasion du DUST, une course de 3x30km à Dahkla dans le sud du Maroc. Certes j’avais adoré courir cette course et les sensations procurées mais ce n’était « que » 90km en 3 jours !

Je croise souvent Jean Philippe sur les événements sportifs, il sent que cette course m’attire. Son discours, ses arguments, ses photos, ses vidéos finissent par me convaincre. Je sais que je ferai cette course un jour.

Fin 2016, il me propose de participer à l’édition 2017. Ma décision n’est pas très difficile à prendre je serai au Tchad en février 2017, j’embarque Charlotte avec moi l’aventure se doit d’être partagée !

Le chamboulement 2017

En 2016 nous décidons Charlotte et moi de quitter notre vie parisienne pour faire un break et partir en Afrique du sud. L’objectif est de faire une formation d’anglais et découvrir une nouvelle culture. Nous quittons Paris le 1er janvier. Le départ vers le Tchad se fera au départ d’Afrique du sud et la prépa pour le Treg se fera donc autour de Cape Town.

Entrainement à Cape Town // Janvier 2017

Cape Town à Ndjamena 10 février 2017

Le voyage est long les vols inter-Afrique ne sont pas des plus simples. Après un stop à Johannesburg et un stop de 4h à Addis Abeba nous arrivons au Tchad après 16h de voyage. Nous retrouvons sur place l’organisation et tous les participants. Après plus d’un mois loin de la France c’est un plaisir de retrouver des visages familiers.

 

Ndjamena à Fada 13 février 2017

La bonne surprise de cette édition 2017 ! Le gouvernement Tchadien a mis à disposition un pont aérien pour l’organisation de la course. Nous allons donc éviter 10h de 4X4 dans les dunes et voler dans un avion de l’armée.

Le vol est épique, nous avons nous-même installé nos bagages à l’arrière de l’appareil, nous nous sommes installés sur des sièges en filet tels des parachutistes de l’armée. Les sourires sont là, parfois détendus souvent crispés, tout le monde a conscience que ce voyage est hors du commun.

On remet dans le contexte : Vol interne au Tchad au milieu du désert, dans un avion de l’armée… Pincez moi c’est bien réel ?

Nous atterrissons à Fada sur une « piste » en sable, prenons des 4×4 pour 2 heures de piste direction l’Ennedi puis arrivons finalement au village.

Ce village a été créé spécialement pour l’organisation de la course par les femmes des villages aux environs. Le décor est pittoresque, le paysage est magnifique nous sommes au pied d’une falaise de 30 mètres de haut au milieu de plaine désertique. La scène est incroyable, nous sommes dans un décor de cinéma, au milieu du far west. Un mélange de Colorado, Grand Canyon et Sahara…

Nous prenons nos marques et nous installons dans notre case. Nous la partageons avec Momo, toujours le sourire aux lèvres et Guillaume Le Normand qui a gagné la dernière édition. Je lui pose pas mal de questions et tente de m’imprégner au maximum de son expérience.

14 février 2017

La nuit dans notre case sur une paillasse a été plutôt bonne. La journée est consacrée au contrôle du matériel et à l’apprentissage du guidage par GPS. Une petite balade de 5km est organisée pour apprivoiser le guidage. Tous les voyants sont au vert. J’appréhende de faire 180km mais j’essaie de ne pas y penser.

15 février 2017. La Course

J’ai bien dormi, je suis ravi de prendre le départ.

Coté matos, j’ai opté pour le sac Instinct 7L, il est vraiment blindé entre les 6000 Kcal à emporter et le matériel obligatoire. C’est risqué, les coutures sont tendues mais l’ergonomie de ce sac est vraiment top alors je tente. Je pars avec une paire de Fullsocks des chaussettes de compression Compressport et des Chaussures plutôt typées route des New Balance 1080

Je suis un peu à l’arrache niveau timing, j’ai pas vu le temps passé. J’arrive sur la ligne de départ en dernier 1 minute avant le start !

Je fais quelques mètres avec Charlotte qui part pour 90km puis rejoins les coureurs de tête emmenés par Valentin Betoutji, très bon coureur Tchadien (31’ au 10km, 1h06 au semi) qui est aligné sur le 45km.

Départ à CP1 26km

La course est lancée. Je décompose ma course par portion. Mon but n’est pas de faire 180km. Mon but est d’arriver au prochain CP dans un état correct.

Cette première portion est très escarpée et incroyablement belle. Nous passons dans des canyons et empruntons des labyrinthes. Nous sommes 4 en tête 2 coureurs Tchadiens (qui courent le 45km), Guillaume et moi. Chacun notre tour nous prenons la tête. Les tchadiens sont souvent devant mais commettent beaucoup d’erreur de navigation.

Je me retrouve finalement devant et arrive avec quelques secondes d’avance au premier CP.

26km – 2h30 de course

Petite pause. L’équipe médicale me pose du sparadrap sur le dos. J’ai quelques frottements qui apparaissent, la faute à mon sac un peu (trop) chargé. Mais tout va bien. Ravito express.  5 minutes de pause et s’est reparti.

 

CP1 à CP2 17km

Je repars avec Guillaume. Nous traversons de grandes plaines avec du fort vent. Parfois nos routes se séparent chacun prend son cap. Nous nous retrouvons quelques kilomètres après. Je sens que j’ai des frottements au niveau des pieds et quelques ampoules apparaissent. Mais j’avance avec Guillaume. Km 35 je commence à sentir la chaleur. Guillaume imprime un bon tempo. Je le laisse filer. Il s’éloigne progressivement dans des paysages de savane puis disparaît totalement. Finalement je le retrouve au CP 2. Il repart, au moment où j’arrive.

CP2 43km

Je sens que mes pieds ont chauffé. Des ampoules sont bien là. Je prends le temps de me les faire soigner par l’équipe médicale. 15 minutes de pause et c’est reparti.

(Je dois faire un aparté sur mon choix chaussures, en décembre j’étais focusé sur mon départ en Afrique du sud. Le Treg était loin pour moi. Une semaine avant le départ j’ai opté pour une paire de chaussure. Une paire destinée à la route le modèle New Balance 1080 suite à mon expérience au Maroc où une paire de route m’avait largement convenue. J’ai fait coudre des « Scratch » pour y fixer des guêtres à Paris 2 jours avant de partir. Les coutures ont rétrécies la chaussure et des plis sont apparus sur le devant. Je m’en suis aperçu une fois à Cape Town, je ne pouvais pas changer de chaussures. J’ai également fait une erreur, car le Treg ne se court pas que sur du sable. La variété des terrains est incroyable, le parcours emprunte des chemins très pierreux et abrasifs. Mes 1080 V2 étaient très confortables mais pas adaptées à ce genre de terrains sur aussi long. J’aurais du opter pour une paire de Trail. Les Leadville 1210 auraient été parfaites. J’ai fait une erreur sur ce coup là.)

CP2 à CP3  15km

Ce stop m’a fait du bien. Je repars à bon rythme, je retrouve de bonnes sensations. On alterne des grandes plaines et des grandes montées de dunes. Je croise quelques animaux, quelques Dromadaires égarés. Je prends beaucoup de plaisir à courir je ne sens plus trop la chaleur les kilomètres défilent rapidement. Après une longue descente nous nous retrouvons dans une vallée. J’aperçois Guillaume au loin. Il alterne marche course je reviens sur lui rapidement au moment où nous atteignons le CP3.

CP3 58km

Au CP je suis bien, je prends le temps de me ravitailler et de remplir mes flasques puis repars tranquillement avec Guillaume.

CP3 à CP4 13km

Après le CP3  nous entrons dans un canyon, des blocs de roche immenses s’imposent devant nous. Il n’est pas évident de trouver la bonne trace au GPS, il y a plusieurs possibilités de voies différentes et le paysage laisse rêveur, j’essaie de ne pas avoir le nez que sur ma montre pour profiter du paysage.

Nous sommes toujours à deux et je prends les devants, les sensations sont bonnes.

Guillaume perd quelques mètres et prend une voie différente. Je ne le sais pas mais je ne le reverrai plus. Je ferai les 120 « derniers » kilomètres seul.

Je passe le labyrinthe sans me perdre me retrouve dans une nouvelle vallée, puis face à moi un dune énorme de 100 ou 200 mètres de dénivelé à monter. Je doute mais la voie est bonne. Je monte tranquillement, je sens que le soleil commence à descendre. Les couleurs changent, les ombres apparaissent sur les dunes.

J’arrive au sommet, un point de vue incroyable sur des kilomètres de plaines bordées de roche verticale. C’est beau, très beau…

Le soleil se couche. Je prendrais bien une bière et quelques chips pour admirer tout ca mais il faut continuer… Continuer dans une incroyable descente, dans un sable vierge et mou. Je descends vite, je glisse, je m’enfonce, je rebondis,… Plaisir incroyable.

En bas je continue sur ma lancée, je suis bien, très bien même, j’ai fait 70km mais je cours à une bonne allure. Je traverse des villages, je croise des enfants, la lumière est incroyable. Je suis heureux d’être là.

J’arrive au CP4 sourire aux lèvres.

CP4 71km

Le stop ne sera pas long, je veux repartir vite, continuer sur une bonne lancée et faire le maximum de kilomètres avant la nuit.

CP 4 à CP5 25km

Je repars du CP4 et passe l’arche d’Aloba. La scène est incroyable, j’ai la chance qu’il fasse encore jour. C’est la deuxième plus grande arche naturelle du monde. Je me sens tout petit. Petite photo et c’est reparti !

Je me retrouve dans une plaine. L’horizon à perte de vue. Je sais qu’à partir de maintenant les choses sérieuses commencent. La distance entre les CP augmente considérablement.

Le GPS m’indique tout droit pendant 15km. Je cours, toujours à bonne allure. La lumière faiblit petit à petit mais je retarde le moment de mettre ma frontale et profite des dernières lueurs du jour.

La nuit est maintenant tombée et j’ai passé cette plaine sablonneuse. Il fait nuit noire et le terrain est de nouveau escarpé avec de nombreuses pierres et cailloux abrasifs. Mes douleurs aux pieds se réveillent et la fatigue se fait vraiment sentir.

J’arrive au CP5 avec soulagement, il est 22h j’ai fait 97km en 13h.

Je demande où en est Guillaume. Il est apparemment à 10km. Je vais pouvoir prendre une bonne pause et me faire à manger. Au programme pâtes à la carbonara Lyophilisées. On me donne des nouvelles de Charlotte. Il ne lui reste que 17km. Je suis content je sais qu’elle va finir.

Après mon dîner 5 étoiles, une petite sieste au coin du feu histoire de me requinquer. Les bénévoles aux CP sont aux petits soins et me programment le réveil ½ heure plus tard.

CP5 à CP 6 23km

23km à parcourir, surement la partie de la course la plus dure mentalement. Entre 23h et 2h30 du matin après avoir couru 100km. La nuit est très sombre, je ne vois pas plus loin que ma frontale. Je regarde ma montre toutes les 10 secondes pour ne pas me perdre. Je divague parfois, souvent même mais je cours sans m’arrêter et tente d’avancer coûte que coûte. Mes pieds me font souffrir, j’ai mal au ventre mais il faut avancer et ne pas lâcher.

CP6 120km

J’arrive au CP6 et je ne suis pas au top. Je suis fatigué. Je tente de dormir rapidement mais il fait très froid. Un vent glacial parcourt le campement. Je m’allonge au coin du feu. Je grelotte et tente de dormir. Je suis incapable de dire si j’ai dormi ou pas. Ce moment-là est très difficile j’ai fait 120km il est 3h du matin il fait 5°c. Pardonnez mon manque d’amabilité sur ce CP 😉

Au bout d’une heure, machinalement je me lève, m’habille et repars. Il serait tellement facile de rester là…

CP 6 à CP 7 28km

Je me réchauffe en quelques minutes mais les sensations sont les mêmes qu’avant le CP. La fatigue et lassitude de la nuit m’envahissent, 28km seul m’attendent après avoir déjà réalisé 120km.

Vers 4h30 du matin, mes yeux se ferment tout seuls, il est dur d’avancer, très dur. Une chape de plomb me tombe sur la tête. Je n’ai qu’une envie… dormir…

Puis le ciel commence à s’éclaircir, les premiers rayons du soleil m’effleurent le visage, je retrouve des paysages magiques et aperçois des groupes d’animaux courir devant moi au petit matin. L’instant est magique.

En quelques minutes je retrouve de l’énergie et de la chaleur… C’est reparti pour une nouvelle journée je me sens revivre et recours à bonne allure.

Le corps est magique.

J’arrive au CP 7, 150km cela fait plus de 24h que je cours, je suis plutôt bien et toujours content d’être là. Mes pieds c’est une autre histoire… Je décide de me les faire soigner.

Je prends également des nouvelles de Guillaume. On me dit qu’il devrait arriver « incessamment sous peu », je déteste cette réponse. J’active les soins du coup. Je me sens de repartir rapidement.

CP7 -> CP8 16km Death Valley // Les plaines de la mort

Le soleil commence à taper fort, très fort. La veille le vent était présent et nous n’avions pas cette sensation de chaleur. Cette fois c’est différent, il fait très chaud.

Le parcours traverse de grandes plaines désertiques parsemées de somptueux acacias et bordées de grandes roches verticales. C’est toujours aussi beau mais l’ombre est inexistante, je cuis littéralement. Mon allure se réduit considérablement. Je n’ai qu’une envie atteindre ce putain de CP !

J’arrive au CP10 en état de décomposition avancée. Je suis rincé, vidé, j’ai fait 164km j’en peux plus. Le camp est à l’ombre. En 10 secondes je passe de l’état de chaleur extrême à des tremblements de froid. Je mets ma veste alors qu’il fait plus de 30°c.

Je prends quelques minutes de repos mais je ne m’attarde pas, je veux en finir.

CP10 à Arrivée 17km Le supplice

Pour la première fois depuis le départ je repars du CP en marchant. Il me faut au moins 15 minutes pour réussir à courir à nouveau. Tout mon corps n’est que souffrance, chaque pas posé sur le sol est synonyme de douleur, mais je me force à courir.

Le soleil est toujours là, la chaleur toujours omniprésente. Les kilomètres défilent très lentement. Je vois un 4×4 approcher à l’horizon, Charlotte vient me retrouver et me soutenir. J’en ai besoin à ce moment. Elle a finit sa course tranquillement, je suis fière d’elle. Cela me fait du bien de la voir. Mais il me reste 11km, sans doute les plus long de ma vie.

Finalement la ligne d’arrivée se rapproche, j’aperçois l’arche. Des Tchadiens, Charlotte viennent m’aider à faire le dernier kilomètre. Tout le monde est là pour m’accueillir. Le bonheur d’en finir.

J’en ai vraiment bavé pour rallier l’arrivée, je lâche quelques larmes de joie ou de soulagement je ne sais pas trop…

J’ai mis 30 heures pour réaliser ses 180km hors du commun.

Une belle aventure intérieure où tu te retrouves face à toi-même, seul dans le désert. La seule issue est d’avancer, peu importe les éléments extérieurs.

Une incroyable aventure partagée avec tous les participants, les Tchadiens, l’organisation, les bénévoles, l’équipe médicale… Une formidable ambiance sur le village pendant une semaine et un profond respect entre les tous les acteurs du Treg.

Des sentiments de respect, de fierté et d’humilité se lisaient sur tous les visages du camp après la course. Peu importe que tu sois premier ou dernier. Ici dans l’Ennedi cela n’a finalement que peu d’importance. Venir au Tchad était le défi le plus important. Le reste n’était que plaisir, découverte, échange, partage et dépassement.

Pour finir, je pense à Jean Philippe, je l’ai tant de fois détesté et tant de fois aimé pendant la course. Il m’a emmené là où je n’aurai sans doute jamais été, il m’a poussé loin dans mes limites et mes pensées, il m’a fait découvrir un magnifique pays et ses habitants, il m’a fait vivre une aventure exceptionnelle. Je le remercie infiniment pour tous ces moments gravés à jamais.

Merci à tous.

A bientôt le Treg !

Le bon cru 2016

J’avais commencé l’année en boitillant sur le semi de Bullion, je l’ai fini à plus de 18 km/h sur les 10km d’Issy les Moulineaux. Finalement cette année 2016 fut pleine de belles surprises. J’en garde d’incroyables souvenirs de sports, de partages et de rencontres.

M.E.R.C.I

  • 14/02: Semi Marathon de Bullion (78), 1h14m09s 2eme (blessure)
  • 10/04: Trail du Creve Coeur (77), 25km  5e (reprise post blessure)
  • 30/04: Trail du Tacot Briard (77), 30km 1er (Gros bloc d’entrainement)
  • 07/05: Skyrunning Challenge val de drome (26): 38km/2300 D+ 2ème  (Les choses sérieuses commencent)
  • 08/05: Semi du Challenge val de drome 21km/750 d+ 2eme (Sortie de recup :)))
  • 21:05: Interclubs 3000m 9min01 (gout de sang dans la bouche)
  • 27,28/05: XL Race, 86km/5200m de D+ en 2 jours 2ème (1er objectif de l’année) 
  • 12/06: 20km du Diamant noir (46), 1er (Jéroboam de Cahors dans la cave)
  • 23/06: Marathon du Mont Blanc (76), 42km/2700 D+ 53ème (A la rue mais belle balade)
  • 24/07: Tour du lac de l’ospedale 10km/400d+, 1er ( ça revient doucement)
  • 31/07: Trail de la via romana, 21km/1500 D+, 1er (ça revient bien :))
  • 22/08: CCC – UTMB, 101km/6000D+, 12h50, 5eme (2eme objectif de l’année, c’est bien revenu!!)
  • 25/09: Paris Versailles, 56’30, 18eme (un peu de bitume ça fait pas de mal)
  • 02/10: Trail des Glieres, 65km 4500D+ en duo (Belle promenade avec les potos)
  • 25/10: Templiers, 76km 3500 D+, 7h06, 6eme (Dernier objectif de l’année, youuuuuouuuu!)
  • 26/11: Trail de la chouette et du Hibou, 19km, Victoire collective avec les copains
  • 27/11: Championnat de l’Essonne de cross court, 4km, 4eme
  • 11/12: 10km d’Issy les Moulineaux, 32’10 (Gout de sang dans la bouche :()

Evidement cela peut paraitre dense, mais toute ses courses n’ont pas été courues avec la même intensité. Tout cela à été planifié, ajusté et géré suivant les sensations et les charges d’entrainement pour arriver près le jour j sur 3 objectifs précis dans l’année: La XL race, la CCC et les Templiers

Je remercie particulièrement mon coach qui a su me motiver, me challenger, me pousser pour franchir des paliers cette année.

See you 2016, merci pour tout… WELCOME 2017!

TEMPLIERS 2016

Intro

Les Templiers, une course mythique. Une des seules grande course du calendrier français à laquelle je n’ai encore jamais participée.

Mais en 2016 je n’arrête pas d’y penser, elle me titille. Lors de ma prépa CCC sur les grosses séances je me disais que ca pouvais aussi payer pour les Templiers. J’aime les courses relevées, j’aime être à la bagarre, j’aime courir, j’aime les causses,…  Sur je ne raterais pas cette édition 2016.

La prepa

La grande course des Templiers 2016 est programmée le 23 octobre, pile 8 semaines après la CCC.

L’idée est donc de se laisser une bonne récup mais rester actif pendant 10 à 15 jours puis de remettre en route.

La recup se passe bien mais la remise en route est laborieuse. J’ai du mal à redescendre de mon petit nuage de la CCC.

Deux courses de prépa me permettent de me motiver :

  • Paris Versailles le 25 septembre. J’adore cette classique parisienne. Sans pression, sans prépa spécifique et après 10 jours de reprise de l’entrainement. Je réalise 56’26. Je suis satisfait. Suite de l’entrainement je retourne sur la tour eiffel en courant avec les copains. Les jambes sont raides mais cette séance me semble clé.

    Trail des glieres en duo avec Adrien

  • Trail des Glières le 2 octobre. 65km 4000 de D+ à réaliser en duo. CR ici. 3 semaines avant l’objectif, ca passe ou ca casse. Pas trop d’intensité, un bon travail musculaire. Course clé dans ma prépa.

 

S’en suit de grosses semaines d’entrainement, à mixer des séances de volume et des séances de vitesse. C’est la particularité des Templiers. Il faut courir vite, monter à bon rythme et relancer fort. Le tout sur 7h d’effort.

Les séances se sont bien passées, les temps sont plus que correct. Je ne ressens pas de fatigue, direction Millau !

La course

Dimanche 23 octobre 2016. Départ de la grande course des templiers.

La liste des favoris de la CCC m’avait refroidi mais la c’est carrément une coupe du monde… Xavier Thevenard (France) , Dylan Bowman (USA) , Miguel Heras (ESP), Cedric Fleureton (France), Max King (USA), Iker Karrera (ESP), Ricky Lightfoot (UK), Rui Ueda (JAP),….

Du coup je n’ai vraiment aucune pression je suis hyper détendu, mon objectif est de profiter de la course et de me faire plaisir.

6h30, les fauves sont lancés, l’ambiance est incroyable, le peloton est bien tendu.

2/3 km à 16/17 km/h avant une belle ascension de 600 de D+.

Je ne suis pas au top dans cette ascension je suis en surchauffe et les jambe sont lourdes. Je laisse partir le groupe de tête. Je me retrouve 25e en haut avec un petit groupe. S’en suis 10km de plat sur un plateau vallonné. Je ne suis pas à l’aise dans ce groupe les jambes sont revenues, je veux partir mais je sens que je perds trop d’énergie seul dans le vent.

Miracle une fusée revient sur nous et dépose le groupe. Il s’agit d’Eric Mbacha Mangeh. Un coureur camerounais 3e de la dernière 6000D et 2H25 au Marathon de Boston. Recruter par l’équipe New Balance pour l’occasion. On échange quelques mots et je continue avec lui. L’allure est rapide, on enchaine les km entre 3’45 et 3’50 mais je suis bien. On double des coureurs.

En haut de la première descente on rattrape le groupe de tête, il y a 20 coureurs. La densité est dingue. Seul un jap est devant.

1er ravito à 2O coureurs, la pression est palpable. Le Team New Balance est là pour me ravitailler. Au top, je repars vite. Le groupe explose dans l’ascension suivante. Je me retrouve dans un groupe avec Xavier Thevenard, je réalise pas trop. Les jambes sont bonnes je continue. Le groupe explose encore. Je me retrouve seul pendant plusieurs kilomètres avec Xavier et Miguel Heras. Dingue !

Les kilomètres défilent vite, j’enchaine les ravito tout va bien. Le Team est toujours au petit soin. Je me dis le top 10 est possible mais je reste prudent car je ne connais pas le parcours et il parait que les difficultés sont très condensées à la fin.

Km 55 je me retrouve avec Thibault Baronian (Team Salomon) on revient sur Nico Bouvier Gaz un coéquipier du Team New Balance. L’entente est bonne mais je commence à manquer d’eau. Le ravito du 65k est salvateur pour moi. Je prends le temps de me ravitailler et je laisse partir mes deux acolytes.

Il reste 10k, je suis 8eme c’est dur mais les jambes sont toujours là et je sais que je suis en train de faire un gros truc. Je suis motivé comme jamais !

Je reviens sur Julien Racon dans la montée du cade, 7! En haut j’aperçois Thibault, je reviens sur lui et le double, il n’est pas au mieux 6eme woohhhhhh. Je lâche tout, je serre les dents. J’aperçois Nico 5eme à quelques virages… Plus qu’une montée et c’est la descente de l’arrivée.

Une montée mais quelle montée ! Le PUNCHO d’Agast… Celui la je l’avais pas vu venir je perds du terrain je ne suis pas à l’aise. Je m’accroche mais Thibault Baronian revient sur moi au sommet. C’est un guerrier il était pas si cramé que ca !

La descente est piégeuse et glissante. A deux à se tirer la bourre c’est limite dangereux. On finit en relâchant et on arrive tous les deux pour la 6eme place. Belle image, beau souvenir.

Incroyable course. Intensité, densité, engagement, tension, gestion,… Le tout sur un parcours incroyable.

Tout était réuni ce jour là.

 

Les Templiers, une première pour moi mais quelle première!

 

A l’année prochaine.

Top 10 :

  1. Miguel Heras (ESP),06:45:12
  2. Jared Hazen (USA), 06:49:42
  3. Cédric Fleureton (FRA), 06:56:06
  4. Sébastien Spehler (FRA), 07:03:36
  5. Nicolas Bouvier-Gaz (FRA), 07:05:07
  6. Thibaut Baronian (FRA), 07:06:37  // Vincent Viet (FRA), 07:06:37
  7. Xavier Thévenard (FRA), 07:10:38
  8. Dylan Bowman (USA), 07:11:29
  9. Lambert Santelli (FRA), 07:14:02

CCC – UTMB 2016

Pour les non initiés la CCC est une belle promenade de 101 km et près de 6000m de dénivelé positif autour du Mont Blanc partant de Courmayeur en Italie, passant du côté Champex en Suisse pour finir à Chamonix. Une belle journée à en prendre plein les yeux…

  • La prépa

Le compte rendu de ma CCC 2016, ne peut se faire sans parler de ma préparation.

Le point de départ fut le marathon du Mont Blanc fin juin. Une course sans due à une fatigue accumulée tout le mois de juin. Finalement un mal pour un bien. 10 jours de coupure début juillet m’ont permis de me ressourcer et retrouver l’envie de m’entrainer avec pour objectif cette fameuse course autour du Mont Blanc.

Le 10 juillet après quelques jours d’entrainement je prends le départ de l’Etape du Tour en velo. 130km et 3 cols à gravir dans les alpes entre Megève et Morzine. Du pur plaisir à parcourir ces routes aux commandes de ma bicyclette. La prépa CCC est bien lancée.

Puis c’est le départ pour la Corse pour un bon mois de vacances. La Corse, merveilleux mélange de mer et de montagnes qui décline à l’infini les terrains d’entrainement.

Premier bloc, sur le Mare à Mare Centre. Un sentier qui traverse la corse d’est en ouest entre Solenzara et Porticcio. 3 jours entre 25 et 30km de marche/course. 7 à 8h par jour sur les sentiers et nuit dans les villages. Des rencontres, des découvertes, un bonheur de découvrir la Corse de l’intérieur.

La semaine se finit par une course : le tour du Lac de L’Ospédale. Un petit trail de 10km (histoire de faire un peu de vitesse) sur les hauteurs de Porto Vecchio à plus de 1000 mètres d’altitude. 1ère victoire corse et record de l’épreuve à la clé.

Monte Cinto 2700

Un peu de récup en bord de plage puis place au 2ème bloc d’entrainement.

Ce 2ème cycle démarre un peu plus au nord de l’ile, du côté de Carpineto où je prends le départ du trail de la Via Romana. 21km // 1500 m de D+, un parcours engagé, une nouvelle victoire et un temps amélioré de 2 minutes Vs 2014. Les voyants sont au vert on attaque la plus grosse semaine de préparation tant en dénivelé qu’en volume. Nous sommes entre 28 et 21 jours avant l’objectif.

Pour les curieux voici le détail de la semaine :

  • Samedi 30 juillet : 12km/54min/250 D+, 12x 30/30
  • Dimanche 31 juillet : 21km/2h09/1500 D+, Trail de la Via Romana
  • Lundi 1 aout : 17km/2h50/ 1100 D+, sortie trail tranquille
  • Mardi 2 aout : 19km/8h15/1900 D+, Montée du sommet de la corse le Monté Cinto. Parcours extrêmement technique. Rando/course
  • Mercredi 3 aout : 21km/6h25/ 1600D+, Parcours autour de l’arche de Corté rando course
  • Jeudi 4 aout : 10km/3h30/800D+. Marche de recup pour monter au lac de Ninu.
  • Vendredi 5 aout : 40km/5h/2100 D+. Sortie trail entre Calacuccia et Corte

Total semaine : 140km/30h/9300 D+

Après cela il a fallu un peu de repos pour digérer le tout, quelques Pietra suivi de Mojito pour décompresser. Retour sur quelques séances de qualité et une dernière grosse balade à j-15, 32km/5h32/2000 D+ sortie trail sur le GR20 du côté des aiguilles de Bavella sur un parcours extrêmement technique.

Un petite phase d’affutage et direction Chamonix…

 

 

  • L’avant course

J’arrive quelques jours avant dans la vallée de Chamonix pour prendre la température.

C’est l’effervescence. Des traileurs venu des 4 coins du globe ont envahi les rues. L’ambiance est incroyable. Tous les acteurs du Trail mondial sont présents. On croise Anton Krupica, Seb Chaigneau, Francois D’haene, Sylvain Court, Xavier Thevenard,…

Les médias, les marques chacun essaie de trouver sa place et se mettre au devant de la scène.

On trouve là une ambiance jamais connue sur d’autre course, cet événement est devenu incontournable dans le paysage du trail international. Une joie d’en faire partie.

Mercredi 24 aout je suis avec attention les copains sur la TDS (112K/7000D+), le soir je file les encourager aux Contamines. Incroyable top 20 et top 50 et une superbe maitrise de la course pour mes amis.

Les voir me motive et donne envie de me bagarrer également. Je me suis bien entrainé, je pense être en forme, il est temps de lâcher les chevaux.

Le point à retenir c’est qu’il y a une vague de chaleur cette semaine. 50% d’abandons sur la TDS. Un paramètre primordial qu’il va falloir gérer pendant la course.

 

  • La course

Vendredi 26 aout. Départ de la CCC. La liste des favoris est longue voir effrayante. Je n’ai que la 15eme meilleure cotation au départ.

La première ascension de 1300m de D+ n’est pas en ma faveur, je ne suis pas un pur grimpeur. Je préfère ne pas suivre le groupe de tête et monte à ma main. Je bascule au sommet en 15eme position à 2 minutes de la 5eme place. Parfait. Je suis monté dans les temps que je voulais, sans trop puiser. J’attaque la descente et reviens vite sur le 11ème puis recolle à un groupe de 5 coureurs. Je prends plus de temps au ravito pour m’hydrater et de recharger mes bidons. La chaleur est déjà bien présente.

Vient le Grand Col Ferret, on grimpe au point culminant de la course. 2500 mètres d’altitude. Je prends un coup de chaud et me fais doubler sans cesse dans cette ascension. Le cardio ne veut pas dépasser les 140 puls. Tant pis je m’alimente et je patiente jusqu’au sommet. Je bascule 16e, mon plus mauvais classement de la course. Nous avons fait 30km.

Je reprends un bon rythme dans la descente. Je double ceux qui m’avais passé quelques minutes plus tôt. Je pointe 11e au ravito de la Fouly. Il fait très chaud, nous sommes en fond de vallée dans une cuvette. 10 km de faux plat descendant nous attende. Usant et cassant mais je doubler me motive. Je suis dans la course.

Je prends le temps de boire et m’arroser à chaque petite fontaine. La tactique est bonne, malgré ces arrêts je continue de reprendre des places. Les coureurs repris sont à l’agonie, la chaleur fait des ravages. Je trace ma route et reste concentré sur mes sensations.

J’arrive à Champex Km 55. La course commence ici.

Adrien qui vient de finir 50eme à la TDS est là pour me ravitailler. Je suis passé à la 8eme place. Je suis bien, dans ma course.

3 coureurs sont dans la tente. Le Top 5 est à porté de main. Je m’assoie, mange, bois ce que je peux. Adrien s’occupe de remplir mon sac. Les échanges sont brefs mais importants. Il m’indique l’état des coureurs à l’avant et me donne une idée des écarts. Je suis au cœur de la course, à la bagarre, j’aime ca ! La motivation est au max.

Le ravito dure 3 minutes, je repars pour ne pas prendre d’écart avec les 3 coureurs qui viennent de partir.

Je pars à l’ascension de Catogne, gère ma montée et imprime un bon rythme. Je double un par un les 3 concurrents. Un Islandais, un français et un allemand. Je bascule 5eme et file faire le ravito de trient Km 70.

Adrien est toujours là, toujours à me donner les bonnes infos, les bons conseils. Je ne parle pas trop je suis plus que jamais concentré. Je me change. Le soleil se cache derrière les montagnes et les températures baissent j’ai quelques frissons. Je prends le temps de bien manger car je sais que la prochaine partie est cruciale. Il va falloir hausser le rythme pour consolider cette place et aller chercher encore devant. J’en ai envie.

5 minutes de pause, ce sera mon plus long ravito.

Il me reste que 30 kilomètres. J’attaque la montée de Catogne en essayant de ne rien lâcher. J’appuie sur mes bâtons, je pousse sur les cuisses. Je suis seul dans la montagne je n’ai pas de repère mais je me force à garder le rythme.

Je passe le sommet, les jambes répondent bien, je hausse le rythme dans la descente.

J’arrive à Vallorcine km82, dernier ravito. Adrien fidèle au poste m’annonce que je dois faire un ravito express. Je bronche pas, je suis d’accord avec lui. 2 minutes, on recharge le sac et c’est reparti on rentre à la maison.

Col des montets. Je me force à courir, ca passe mais j’ai trop attaqué dans la descente précédente, j’ai de belles ampoules sous le pied, j’ai mal.

J’arrive au col des montets mes potes sont là. Ca fait du bien. Ils me disent que je suis en train de faire un truc de fou. Derrière c’est loin apparemment. Devant aussi.

Ok je veux juste garder cette place. J’aurais signé avant la course de toute facon.

Dernière ascension du jour : la tête aux vents. On reprend 900 mètres de D+. Je commence à être bien attaqué. Je sais que j’ai de l’avance je ne me mets plus dans le rouge, je suis sur la défensive. J’ai de plus en plus mal aux pieds.

Le sommet, une merveille : couché de soleil sur le mont blanc. Lumières incroyables…

La nuit tombe, j’allume ma frontale. Elle ne fonctionne pas. Dommage… Je prends ma frontale de secours une petite e-lite qui éclaire moins que mon iphone. Il va falloir faire avec ! Le chemin est technique, beaucoup de pierre, chaque pas est un calvaire. J’ai vraiment très mal. Une seule envie arriver à la Flégère et attaquer les 8 derniers kilomètres de descente. Je me retourne, j’aperçois des frontales derrière moi. Elles sont loin mais se rapprochent.

La Flégère est là, je prends l’apéro avec les bénévoles. Un verre de coca, deux Tuc et une poignée de cacahuètes.

C’est parti pour la dernière descente. Malgré mes pieds, malgré le manque de visibilité je veux rien lâcher. Bon sang c’est long, j’ai l’impression de descendre comme une personne âgée.

Mais ca tient ! J’arrive dans Chamonix. C’est la folie, les rues sont encore bondées.

Haie d’honneur, je sens plus mes pieds. Dernière ligne droite, je prends le temps de savourer. Mes amis sont là. Adrien aussi, fidèle au post. Grand moment de bonheur, grand moment de partage. Je suis 5ème.

Souvenirs gravés à jamais.

Je tiens à remercier ma copine Charlotte pour la prepa et les heures passées à m’entrainer. Elle a également courue et terminée cette CCC en 26h. Bravo et respect.

Merci à Xrun et le Team New Balance pour le soutien tout au long de l’année.

Merci également à tout ceux qui m’ont suivis et encouragés. J’ai été inondé par une vague de message de soutien avant pendant et après la course alors du fond du cœur MERCI !